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Parole d’éleveur d’électrons

L’énergie : un enjeu majeur pour les communes en 2026 ?

Charlotte

10/04/2026

Si l’énergie a toujours été sujet à débat, elle s’annonce en 2026 comme un défi majeur pour l’Hexagone et surtout pour les territoires. Alors quand enjeux géopolitiques, impératifs économiques et électrification des usages mettent en première ligne les élus locaux, ça fait des étincelles !

Emmanuelle Guillou, nous partage un éclairage terrain sur la transition énergétique locale, bien loin des débats théoriques, idéologiques et politiques.


Emmanuelle Guillou : C’est un constat que je partage et que je perçois sur le terrain. Avec la hausse constante des factures, l’énergie est devenue une vraie préoccupation pour les communes et leurs administrés.
Il y a cependant une nuance à apporter : pour les élus, le sujet n’est pas tant une opposition idéologique entre renouvelable et fossile. Le solaire, par exemple, est perçu avant tout comme un solution pragmatique. C’est avant tout un moyen de produire localement et de générer des retombées directes pour la commune.
Dans les communes rurales, où les administrés sont proches de leurs élus, les problèmes sont concrets, tangibles, palpables. Le photovoltaïque est donc vu comme une solution rapidement mobilisable en réponse aux besoins du territoire.
Je remarque aussi depuis mon arrivée chez Orion Energies, que l’engagement dans la transition énergétique n’est plus une question de couleur politique. On voit des maires de tous bords s’emparer du sujet pour par exemple revaloriser un terrain délaissé et créer une unité de production locale qui fait sens. De manière générale, dans les territoires, on ne s’embarrasse pas des fractures nationales ; on pense « terrain ». Résultat, écologie et économie cohabitent.

« Le solaire, par exemple, est perçu avant tout comme une solution pragmatique. C’est avant tout un moyen de produire localement et de générer des retombées directes pour la commune. »

EG : Bien au contraire ! Tout commence par les territoires. En ville, la question énergétique est assez lointaine : les éoliennes, les centrales nucléaires ou photovoltaïques ne font pas parties du paysage quotidien.

Dans les zones rurales, les citoyens sont plus exposés et de fait sensibilisés et engagés. Lors des réunions publiques, par exemple, je remarque qu’il y a une vraie curiosité. Les habitants veulent comprendre les enjeux environnementaux, mais ils ont aussi des exigences légitimes sur d’autres éléments comme :

  • La transparence sur la durée : Quand un projet dure une trentaine d’années, les questions sur le démantèlement, l’entretien des routes pendant le chantier et les nuisances sonores sont au cœur de nos échanges pour que chacun puisse se projeter sereinement.
  • L’impact paysager, point clé pour l’acceptation. On va parfois retravailler l’intégration de nos centrales en ajoutant des haies supplémentaires ou en repensant l’aménagement des tables.
  • Les bénéfices locaux, pécunier évidemment mais pas seulement. Les citoyens questionnent les possibilités d’autoconsommation par exemple pour générer une énergie qui profite directement à la commune.

« Dans les zones rurales, les citoyens sont plus exposés et de fait sensibilisés et engagés. »

EG : Pas simple comme question ! Je dirais que nous sommes dans une phase de prise de conscience sur l’importance d’accélérer massivement l’électrification des usages. Si demain tout devient électrique, il faut impérativement anticiper et assurer la production d’énergie en face tout en restant dans une démarche décarbonée et durable.

Le contexte géopolitique actuel nous rappelle aussi notre vulnérabilité : dès qu’il y a un remous mondial, l’impact se fait sentir immédiatement sur l’Hexagone et en cascade sur le budget des mairies, qui sont déjà très serrés. Face à ça, les énergies renouvelables se présentent comme la réponse la plus directe à la quête de souveraineté, d’autant plus depuis que le solaire notamment a démontré que son intermittence n’était pas une fatalité avec la flexibilité et le stockage d’énergie. Localement, cette mandature sera celle du choix mais aussi de l’indépendance : subir les prix ou devenir acteur de sa propre énergie.

« …dès qu’il y a un remous mondial, l’impact se fait sentir immédiatement sur l’Hexagone et en cascade sur le budget des mairies. »

EG : C’est une idée reçue que je comprends mais qu’il faut déconstruire. À l’échelle d’une commune, le solaire est un vrai levier économique (cf le rapport du SER). En tiers-investissement ou en autoconsommation, les communes peuvent disposer, sans investissement lourd, de centrales solaires et donc produire et consommer leur propre énergie. Leur budget est préservé pour continuer d’animer la vie locale. Donc au contraire, les communes sont gagnantes à plusieurs égards :

  1. Économies de gestion : Plus de frais d’entretien, de surveillance ou de nettoyage sur des terrains souvent inexploitables.
  2. Recettes directes : Des loyers et des retombées fiscales jusque 35 ans selon la typologie de projets installés.
  3. Dynamisme local : Un projet solaire fait travailler les entreprises du coin (paysagistes pour les haies, terrassiers locaux).

Il ne faut donc pas tout mélanger parce que si la croissance du renouvelable peut générer des dépenses pour l’État, la commune, elle, perçoit des bénéfices concrets et immédiats pour son propre budget.

EG : Le bilan est contrasté mais pas à cause des territoires. Certaines communes ont réalisé un travail de concertation exemplaire avec leurs habitants. D’autres, par manque de temps, de connaissances aussi pour sélectionner des terrains ou encore de simplicité administrative, sont restées en retrait.

Globalement, on a observé une vraie mobilisation pour répondre à cette nécessité d’identification. Et ce n’était pas simple pour les communes de jouer elles-mêmes ce rôle de « planificateur énergétique ».

Le vrai problème c’est que derrière, après ces longs mois de travail, le sujet a été complètement mis de côté et parasité avec, en parallèle, la sortie de documents cadres qui ne communiquent pas du tout avec les ZAER. La facilitation des procédures d’urbanisme, très attendue dans le cadre de ces ZAER, n’est pour le moment restée qu’au stade promesse.

Tout n’est pas à jeter évidemment. Ce travail a permis d’identifier l’intérêt des communes pour les EnR, de faciliter l’acceptation locale et de sensibiliser massivement les élus. Pour le moment, des discussions sont en cours autour de Zones d’accélération renforcées. Nous attendons la suite pour accompagner les communes.

Notre force, c’est avant tout notre présence physique et notre connaissance précise des rouages locaux. Nos développeurs ne sont pas hors-sol : ils maîtrisent les spécificités des services instructeurs et des communautés de communes de leur secteur.

Ce respect de chaque territoire fait qu’on ne se contente pas seulement de proposer une solution photovoltaïque et ensuite on claque la porte. Non, chez Orion Energies, nos clients sont nos partenaires. Ce qui signifie que nous avons un vrai devoir d’accompagnement. Ça passe par de la sensibilisation sur le sujet des EnR,  la mise en place de zone pédagogique pour les citoyens, des sessions d’information pour les élus locaux, ou encore du décryptage règlementaire.

Notre démarche est globale. A force d’échanges avec les élus, de compréhension de leurs réelles préoccupations et, ensemble, d’identification d’opportunités, nous couplons un projet initial de rénovation d’un gymnase par exemple avec la création d’un hangar neuf pour l’association des boulistes, la revalorisation d’une ancienne décharge via une centrale Minisol tout ça en autoconsommation avec l’appui de batteries de stockage. Résultat, la commune déploie une unité de production d’énergie locale. C’est concret, c’est palpable pour tous les habitants.

Et puis pour terminer, contrairement à d’autres structures, l’interlocuteur qui lance le dossier reste le point de contact pendant toute la durée de vie du projet. Cette continuité est rassurante pour nos partenaires. On travaille en direct avec les propriétaires et les communes pour que chaque projet soit cohérent avec les enjeux du territoire. Comme je le disais plus haut, ce n’est pas une simple relation client : c’est un partenariat où l’on co-construit le projet, en tenant la mairie informée à chaque étape.